La Grèce du nord

« [Philippe] assigna, pour les études et les exercices de son fils, un lieu appelé Nymphée, près de Miéza, où l’on montre encore des bancs de pierre qu’Aristote y avait fait placer, et des allées couvertes pour se promener à l’ombre.»
Plutarque, Vie d’Alexandre

C’est assurément une terre de contrastes que cette Grèce du Nord, qui oscille entre le prestige de l’or macédonien et la mélancolie brumeuse des films d’Angelopoulos. Ses ressources pour le voyageur épris d’archéologie sont innombrables. Ce sont les deux anciennes capitales du royaume macédonien : Aigai-Vergina d’une part, son palais, son théâtre, lieu de l’assassinat de Philippe II, et ses tombes aux fresques d’une fraîcheur saisissante ; Pella d’autre part et ses mosaïques étincelantes. Ce sont ces tumuli si caractéristiques, disséminés sur tout le territoire : on se rappelle combien la découverte de celui d’Amphipolis avait pris la forme d’un véritable feuilleton autour de la supposée sépulture d’Alexandre le Grand. Mais Amphipolis recèle bien d’autres trésors : son lion, ses fortifications et son musée.
Un détour par Mieza permettra d’évoquer le lien entre pouvoir et philosophie à travers les deux figures d’Alexandre et d’Aristote. On ne négligera pas la remuante Thessalonique, sa Tour Blanche, ses vestiges romains, son empreinte ottomane et son front de mer récemment aménagé par l’architecte français Bernard Cuomo.
Plus à l’ouest, bordée par la mer Ionienne, s’étend l’Épire où le Nécromanteion et Dodone offrent l’occasion d’évoquer les pratiques oraculaires chez les Grecs. Non loin de là, la ville créée par Auguste pour commémorer sa victoire sur Marc Antoine, Nicopolis, mérite une étape, tout comme son musée
archéologique, dont la richesse impressionnera.
P.V.