Venise : au risque de se perdre

Honte sur Venise, qui a assassiné Byzance, et avec elle, la Grèce ! Mais gloire à Venise, qui, en se parant des dépouilles de sa victime exsangue, l’a ressuscitée en Italie !

Il faut se perdre dans la splendeur de cette caverne d’Ali-Baba. Le moindre de ses quartiers abrite davantage de chefs d’œuvres que bon nombre de capitales. Partez donc au hasard ! Laissez-vous aller, de musée en église, de terrasse en gelateria, bercés par le clapot.

Ville improbable, languissante et langoureuse, flottant sur une lagune à la brume irréelle, elle noie votre conscience pour ne plus laisser planer qu’une sensibilité nonchalante, prête à se dissoudre paresseusement dans les pièges voluptueux de sa séduction.

Buvez donc à ce philtre ! Laissez-vous enjôler ! Après tout, on ne vit qu’une fois...

B.C.B.