Le Péloponnèse Méconnu

Sillonner le Péloponnèse est en soi un moyen de s’affranchir d’une approche purement classique de la Grèce, de s’éloigner d’une vision athénocentrée. La péninsule offre en effet un riche aperçu diachronique de l’histoire hellène. Qu’on songe à ces siècles qui séparent l’antique Mycènes de la somptueuse
Monemvassia. La seule Pylos des Sables permettra d’embrasser la période mycénienne avec le palais de Nestor, la période franque, quand la région s’appelait Morée, ou encore la guerre d’Indépendance, avec la bataille décisive
de Navarin.
Le Péloponnèse est par excellence le fief de Sparte, dont l’influence s’étendait bien au-delà de la petite cité bordée par l’Eurotas. Avant d’imposer son hégémonie sur l’Attique, Sparte convoita dès l’époque archaïque les richesses de la péninsule, notamment celle de Messène, dont les habitants furent réduits
à l’état d’hilotes. Parmi les sites peu visités figure l’ancienne Messène qui connaîtra au IVe siècle avant notre ère une certaine prospérité, dont attestent les vestiges, notamment un stade impressionnant par son état de conservation. Cette visite sera couplée avec profit à celle du temple d’Apollon Épicourios
à Bassae, sur la route qui mène, à travers les paysages vallonnés d’Arcadie et d’Élide, à Olympie.
On ne manquera pas enfin de découvrir deux des plus belles cités byzantines de Grèce : Mystra d’une part dont la puissance
a supplanté celle de Sparte, sa voisine, à l’époque médiévale ; Monemvassia d’autre part, où résida Yannis Ritsos, l’un des grands noms de la poésie contemporaine.
P.V.