La Grèce du Nord au Sud

Que ce soit dans nos circuits proposés par avion ou dans nos périples par car et bateau, l’approche de la Grèce par le nord est une manière d’embrasser sa diversité.
L’Épire comme la Macédoine furent rattachées tardivement au royaume de Grèce et les traces de l’occupant ottoman y sont encore plus sensibles qu’au sud. Déjà dans l’Antiquité, le pays des Molosses ou le royaume de Philippe et
d’Alexandre étaient regardés avec suspicion par leurs voisins de la Grèce centrale, par ces cités emblématiques de l’équilibre classique que sont Delphes ou Athènes.
Pour pleinement appréhender l’hellénisme dans sa diversité et sa richesse, nous ne saurions suffisamment recommander de confronter ces deux faces d’une même culture : mettre en résonance le Nécromanteion d’Éphyra
ou le sanctuaire de Zeus à Dodone avec les pratiques oraculaires de Delphes ; faire dialoguer l’Académie de Platon avec le Nymphée d’Aristote ; revivre les discours enflammés prononcés sur la Pnyx et se réfugier dans le silence inspiré des Météores.
Parcourir la Grèce du Nord au Sud, c’est enfin saisir les points de rupture dans l’histoire de l’art, mais aussi ses continuités ; comprendre ce que l’art hellénistique doit au classicisme ; ce que le paléochrétien emprunte à la romanité. C’est ainsi que le théâtre de Philippes, construit par le roi macédonien, subira de nombreuses transformations, quand le goût pour les spectacles romains supplantera celui pour l’art dramatique.
P.V.